C’est quoi, le masculinisme ?

En ce moment, au Sénat, un groupe de sénateurs et de sénatrices travaille sur un sujet dont on parle de plus en plus : le masculinisme. Leur objectif est de mieux comprendre comment les idées portées par ce mouvent circulent, notamment chez les adolescents, à l’école ou sur les réseaux sociaux.

Le masculinisme est un mouvement de pensée. Il affirme que les hommes iraient de plus en plus mal depuis que la société a progressé vers plus d’égalité entre les femmes et les hommes. Selon ce mouvement, ce serait entièrement la faute des femmes et des féministes, parce qu’elles auraient gagné trop de droits et trop de place dans la société.

Ces discours affirment que pour que tout aille mieux, les hommes et les garçons devraient ressembler à une image très précise et très fermée. Ils font croire qu’un « vrai homme » doit être fort tout le temps, ne pas montrer ses émotions, chercher à dominer les autres, gagner beaucoup d’argent et contrôler les filles ou les femmes. On entend parfois l’expression « mâle alpha ». Elle vient du monde animal, mais elle est souvent mal utilisée pour faire croire qu’il y aurait des humains supérieurs aux autres.

Le mouvement féministe, lui, est né d’une réalité très concrète : pendant des siècles, les femmes n’avaient pas le droit de voter, de travailler, d’aller à l’école ou de décider de leur propre vie. Les femmes et les hommes féministes se sont battus pour supprimer ces injustices. Ils pensent aussi que les règles qui enferment les gens dans des cases sont injustes pour tout le monde : un garçon devrait pouvoir pleurer, aimer le rose ou demander de l’aide sans avoir honte. Une fille devrait pouvoir être forte, donner son avis et s’affirmer sans être jugée.

Si on parle beaucoup aujourd’hui de masculinisme, c’est parce que ces idées circulent sur les réseaux sociaux. Certains influenceurs les diffusent dans des vidéos qui ressemblent parfois à des conseils pour avoir confiance en soi ou devenir plus fort. Selon une étude citée au Sénat, 73 % des jeunes de 16 à 24 ans connaissent au moins un influenceur masculiniste et 19 % consultent ces contenus régulièrement.

C’est pourquoi le gouvernement et de nombreuses personnes réfléchissent à des moyens d’agir, notamment à l’école. Les séances d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité, les EVARS, sont un exemple. On t’en parle dans le « Sais-tu ? ».